Economie
Présentation générale
Avec une reprise modérée de la croissance, une position financière extérieure améliorée de façon significative depuis 2000, un solde courant excédentaire pour la seconde année consécutive, l'économie syrienne présente une situation globalement satisfaisante à court terme, mais fragile cependant, puisqu'elle dépend largement encore de facteurs exogènes.
Agriculture
L'agriculture occupe 29% de la population active et contribue pour 24% au PNB du pays.
Si 28% des terres sont cultivables, seules 21% sont irriguées. Important pour l'économie syrienne, le secteur agricole fait l'objet d'une politique interventionniste sous forme de subventions, fixation des prix et contrôle de la distribution. Le blé, le sucre et le coton (second poste de recettes d'exportation, 11ème rang mondial), représentent les trois piliers de l'agriculture syrienne. Permettant aujourd'hui l'autosuffisance alimentaire (la Syrie produit également fruits, légumineuses et olives), l'agriculture demeure cependant sujette aux risques de sécheresse en dépit des efforts particuliers du gouvernement syrien en matière d'irrigation.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 27% de la population active et contribue pour 30% au PNB du pays.
Depuis les débuts de son exploitation en 1968, le pétrole est devenu la première source de devises du pays, comptant pour plus de 80% dans les recettes d'exportation avec une production de 500.000 barils/jour extraits des champs de la région de Deir al Zour (à l'est), de Suweidiyeh et de Karachuk (au nord-est). Le raffinage est le principal secteur productif de l'industrie, grâce aux deux complexes de Homs et de Baniyas, situés respectivement au centre du pays et en bordure de la Méditerranée. Pour anticiper l'épuisement des ressources pétrolières, la Syrie souhaite développer sa production de gaz dont les réserves prouvées sont évaluées à 220 milliards de m3 et localisées pour l'essentiel dans la région de Palmyre, au centre du pays. En 2003, 30% des besoins énergétiques devraient être couverts par la production gazière. Après une baisse notable, la production de phosphates avoisine 2 millions de tonnes (12ème rang mondial).
L'industrie manufacturière, dominée par le secteur public jusqu'au début des années 90, se concentre autour de la production textile et agroalimentaire développées essentiellement par le secteur privé.
Services
Les services occupent 44% de la population active et contribuent pour 45,7% au PNB du pays.
Les trois aéroports internationaux du pays (Damas, Alep et Lattaquié) représentent un trafic annuel de 2 millions de passagers (dont 85% à Damas) et 30.000 tonnes de fret.
La compagnie nationale Syrian airlines transporte quant à elle environ 900.000 passagers/an sur ses vols internationaux.
Des trois ports maritimes les plus importants, Tartous et Lattaquié assurent l'essentiel du volume des importations tandis que Baniyas est un terminal dédié aux hydrocarbures, les autres ports étant des ports de pêche ou de plaisance.
Il existe six banques d'Etat en Syrie et la totalité des transactions est actuellement contrôlée par la Commercial Bank of Syria. Une réforme du système financier est en cours qui prévoit d'autoriser l'exercice d'activités bancaires privées. Au premier trimestre 2003, six banques étrangères sont candidates à l'attribution d'une licence bancaire.
Le tourisme compte pour 7% du PNB. Les quatre premiers mois de l'année 2002 enregistraient un peu plus de 800.000 visiteurs.
En matière de communications, l'évolution est notablement perceptible puisque 40% des syriens sont équipés d'antennes paraboliques, 330.000 d'un téléphone portable et 77.000 abonnés à internet (fonctionnaires pour la plupart).
En résumé
Les besoins d'investissement pour des projets d'infrastructure sont encore considérables et ne peuvent être mobilisés par la Syrie qui est donc, à ce titre, dépendante de ses bailleurs de fonds : la distribution d'énergie électrique, l'extension du réseau téléphonique, la valorisation des ressources en eau du pays sont autant de secteurs prioritaires.
Les réformes engagées en 2001 et 2002 (refonte de la loi sur le commerce, révision de la loi douanière, de la loi sur le crédit, la loi sur la création d'une bourse de valeurs, l'unification des taux de change) demeurent encore de portée limitée et ne transforment pas vraiment en profondeur l'environnement administratif, fiscal et juridique indispensable pour assurer le décollage économique du pays.


