Histoire
Jusqu'au Xème siècle, l'histoire de la Slovaquie est très liée à celle de la Bohême et de la Moravie. Au début du Xème siècle, la Slovaquie est intégrée à la Hongrie et constitue la Haute-Hongrie. Elle passe sous la domination des Habsbourg, avec le reste de la Hongrie, en 1526. La langue slovaque est codifiée pour la première fois en 1787 . En 1536, à la suite de l'occupation de Buda par les Turcs, les autorités du royaume de Hongrie s'établissent à Bratislava (Poszony en hongrois, Pressburg en allemand), qui devient la capitale du royaume de Hongrie jusqu'en 1848 . Le mouvement national slovaque se développe au XIXème siècle. En 1918, la Slovaquie est intégrée à l'Etat tchécoslovaque. En mars 1939, un Etat slovaque est créé, sous protectorat allemand.
Après le rétablissement du statu quo, en 1945, la Slovaquie acquiert, le 1er janvier 1969, le statut d'Etat fédéré. Le 1er janvier 1993, la partition de la fédération tchéco-slovaque aboutit à la création de deux Etats souverains, la République slovaque et la République tchèque.
1918 - après la partition de l'Autriche-Hongrie, fondation de l'Etat tchécoslovaque rassemblant les Tchèques et les Slovaques. La République est proclamée le 14 novembre et Tomas Masary en devient le premier Président.
1938-1939 - aux termes de l'accord de Munich, un Etat slovaque indépendant est créé. La République tchèque devient "allemande". La Tchécoslovaquie doit céder les Sudètes à l'Allemagne et le sud de la Slovaquie à la Hongrie.
1939-1945 - la Tchécoslovaquie est démembrée par l'Allemagne qui occupe la Bohême-Moravie, tandis qu'un Etat slovaque "cléricofasciste", satellite de l'Allemagne, est créé et dirigé par Mgr Tiso.
août 1944 - soulèvement national slovaque (SNP) avec le soutien des partisans français (combats de Strecno).
9 mai 1945 - Prague est libérée par les troupes soviétiques. Edvard Benes devient Chef de l'Etat.
1946 - le parti communiste sort grand vainqueur des élections. La présidence du Conseil lui revient.
février 1948 - à l'issue du "coup de Prague" le parti communiste prend le pouvoir.
janvier-août 1968 - le "Printemps de Prague" est symbolisé par le Slovaque Alexandre Dubcek (nommé premier secrétaire du parti le 5 janvier), dont l'espoir est d'instaurer un "socialisme à visage humain". Dans la nuit du 20 au 21 août, les troupes du Pacte de Varsovie (sans la Roumanie) mettent fin à cette expérience.
28 octobre 1968 - création de la Fédération tchécoslovaque.
1969-1989 - le pays connaît une période de "normalisation", inaugurée par Gustave Husak, successeur de Dubcek à la tête du parti.
1er janvier 1977 - création de la "Charte 77" regroupant les dissidents, dont Vaclav Havel.
17 novembre 1989 - début de la "Révolution de velours" qui met fin, en quelques jours, à quarante et un ans de monopole du parti communiste sur le pouvoir.
29 décembre 1989 - le dramaturge et ancien dissident Vaclav Havel est élu Président de la République.
19 avril 1990 - le Parlement tchécoslovaque adopte une loi autorisant la création d'entreprises privées à partir du 1er mai 1990.
20 avril 1990 - le pays prend officiellement le nom de "République fédérative tchèque et slovaque".
8-9 juin 1990 - premières élections libres depuis 1946.
5-6 juin 1992 - élections qui ouvrent la voie à la partition de la Tchécoslovaquie et voient la victoire de Vladimir Meciar en Slovaquie.
24 octobre 1992 - le détournement des eaux du Danube, afin d'alimenter le barrage de Gabcikovo, provoque une querelle avec la Hongrie, qui a unilatéralement dénoncé l'accord hungaro-tchécoslovaque de 1977.
17 décembre 1992 - création de la République slovaque.
31 décembre 1992 - à l'issue d'un "divorce de velours", c'est la fin de la fédération tchéco-slovaque.
1er janvier 1993 - partition de la République fédérative en deux Etats indépendants : la République slovaque et la République tchèque.
8 février 1993 - séparation des monnaies (couronnes) tchèque et slovaque.
15 février 1993 - Michel Kovac est élu Président de la République.
juillet 1993 - entrée des Républiques slovaque et tchèque au Conseil de l'Europe.
mars 1994 - M. Méciar mis en minorité au Parlement, Joseph Moravcik est nommé Premier Ministre.
1er octobre 1994 - Vladimir Meciar remporte les élections législatives et revient au pouvoir pour la troisième fois en quatre ans.
13 décembre 1994 - formation d'un gouvernement de coalition composé de membres du parti de M. Meciar, le Mouvement pour la Slovaquie démocratique (HZDS), du Parti national slovaque (SNS) et du Parti ouvrier (ZRS).
19 mars 1995 - les républiques hongroise et slovaque signent à Paris un traité d'amitié et de bon voisinage.
16 mai 1995 - la querelle entre le Président Kovac et le Premier ministre Meciar est alimentée par une manifestation de plusieurs milliers de personnes contre le gouvernement Meciar, accusé de pousser le Président Kovac à la démission.
6 juin 1995 - le Premier ministre annonce l'annulation de la privatisation par coupons lancée par le gouvernement précédent. Les coupons acquis devraient être remplacés par des titres d'entreprises privatisées.
septembre 1995 - la crise politique s'aggrave entre le Président de la République et le Premier ministre lorsque le gouvernement exige solennellement, le 19 septembre, la démission du Chef de l'Etat.
15 novembre 1995 - malgré l'opposition des organisation magyares soutenues par le gouvernement hongrois et le Conseil de l'Europe, le Parlement a adopté, à la suite d'un débat mouvementé, une loi faisant du slovaque la seule langue administrative du pays.
23 septembre 1995 - à l'appel des syndicats, plusieurs milliers de personnes manifestent à Bratislava contre la baisse de leur niveau de vie.
31 octobre 1995 - les Premiers ministres russe et slovaque signent à Moscou un accord relatif à la participation russe à l'achèvement de la centrale nucléaire de Mochove, dont la construction avait été interrompue en 1989.
4 janvier 1996 - la Slovaquie et la République tchèque signent un accord de rectification de leur frontière commune afin d'atténuer la sinuosité de la ligne de démarcation établie lors de la partition intervenue en 1993.
26 mars 1996 - le Parlement de Slovaquie ratifie le traité d'amitié slovaco-hongrois signé l'année précédente à Paris par les deux pays. Néanmoins, cette ratification est suivie d'une résolution explicative du traité excluant "la possibilité d'accorder des droits collectifs aux minorités ethniques et une autonomie territoriale dans le sud de la Slovaquie" lieu d'implantation de la communauté magyare.
15 avril 1996 - la décision est prise d'achever la centrale nucléaire de Mochove.
27 août 1996 - Vladimir Meciar procède à un premier remaniement ministériel destiné notamment à restaurer l'image de son gouvernement auprès de la communauté internationale.
1er octobre 1996 - la population et la compagnie du théâtre national réagissent contre les mesures prises par le gouvernement Meciar à l'encontre notamment du président de la compagnie. Une manifestation de plusieurs milliers de personnes est organisée à Bratislava.
5 novembre 1996 - devant l'assemblée de l'Union de l'Europe occidentale à Paris, le Premier ministre slovaque, Vladimir Meciar, plaide pour l'intégration de son pays aux institutions européennes.
17 décembre 1996 - les députés slovaques adoptent un amendement anti-subversion au code pénal, prévoyant des sanctions pouvant aller jusqu'à trois ans de prison pour les organisateurs de réunions publiques, de grèves ou d'appels à la désobéissance. Ce texte provoque la critique de l'opposition. Retournée au Parlement par le Président Kovac, la loi est, en définitive, rejetée par les députés le 4 février 1997.
23 et 24 mai 1997 - bien que 55% des votants se soient prononcés pour l'entrée de la Slovaquie dans l'OTAN, le referendum organisé sur cette question apparaît comme un échec en raison de la faible participation du corps électoral (9,8% des inscrits). Le conflit entre le Président et le Premier ministre est à son comble. Démission du ministre des Affaires étrangères.
4 juillet 1997 - Vladimir Meciar organise une table ronde réunissant tous les partis politiques siégeant au Parlement afin de débattre des difficultés faisant obstacle à l'entrée de la Slovaquie dans l'Union européenne. La réunion aboutit à une absence totale d'accord.
8-9 juillet 1997 - sommet du Madrid : la Slovaquie est écartée de l'élargissement à l'est de l'OTAN.
16 juillet 1997 - la Slovaquie est écartée de la première vague des négociations d'adhésion à l'Union européenne.
4 septembre 1997 - Meciar annonce la possibilité, évoquée lors de sa rencontre avec le Premier ministre hongrois, de favoriser les déplacements des populations qui le désirent entre les deux pays. Cette proposition, interprétée comme une tentative de nettoyage ethnique du sud de la Slovaquie, provoque un tollé général, en particulier parmi les Magyars de Slovaquie.
25 septembre 1997 - la Cour internationale de la Haye tranche en faveur de la Slovaquie, la question de la centrale hydro-électrique slovaco-hongroise de Gabcikovo, rappelant que l'accord de 1977 restait valide et que la Hongrie n'était pas en droit d'abandonner la part de travaux qui lui incombait. Cet arrêt, ainsi que les dernières déclarations du Premier ministre concernant la minorité hongroise résidant en Slovaquie, crée une nouvelle tension entre les deux pays frontaliers.
10 octobre 1997 - les Premiers ministres tchèque et slovaque réamorcent le dialogue et annoncent conjointement leur volonté de renforcer la confiance entre les deux Etats.
23 octobre 1997 - le Parlement européen met en garde la Slovaquie contre les obstacles sérieux entravant son intégration à l'Union européenne, tels que l'instabilité de ses institutions et les dysfonctionnements de sa démocratie.
23-24 janvier 1998 - sommet de Levoca, réunissant onze Présidents d'Europe centrale, à l'invitation du Président Kovac.
29 janvier 1998 - premier tour de l'élection présidentielle. La composition du Parlement slovaque et le refus de tout compromis entre majorité et opposition empêche d'atteindre la majorité requise des 3/5èmes. L'élection est donc bloquée et tout nouveau scrutin organisé d'ici les prochaines élections législatives de septembre ne donnera aucun résultat.
2 mars 1998 - fin de la présidence Kovac. En l'absence de Président élu et conformément à la Constitution, le Président Kovac remet la plupart de ses pouvoirs au Premier ministre, qui dispose ainsi d'une grande partie des fonctions présidentielles.
3 mars 1998 - une décision d'amnistie prise par M. Meciar dans le cadre de ses pouvoirs présidentiels provoque une nouvelle mise en garde des Etats-Unis et de l'Union européenne.
19 mars 1998 - la quatrième tentative d'élection d'un nouveau chef de l'Etat par le Parlement se solde par un échec.
25 mars 1998 - 30.000 Slovaques venus des différentes régions du pays manifestent à Bratislava contre la politique du Premier ministre Meciar et pour réclamer l'élection d'un nouveau chef de l'Etat au suffrage universel.
juin 1998 - l'annonce de la prochaine mise en service des réacteurs de la centrale nucléaire de Mochove provoque l'inquiétude de ses voisins autrichiens.
sept.-oct. 1998 - élections législatives. Victoire de la coalition des partis de l'opposition à M. Méciar. Constitution d'un gouvernement par la coalition SDK (Coalition de l'Entente civique : chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, post-communistes), SMK (coalition des partis hongrois) dirigé par Mikulas Dzurinda.
29 mai 1999 - M. Rudolf Schuster est élu Président de la République à l'issue du second tour des premières élections présidentielles au suffrage universel (avec 57,2% des suffrages).
28 septembre 2000 - la Slovaquie devient le trentième membre de l'OCDE.
2 juillet 2001 - le parlement adopte un nouveau code du travail visant le rapprochement avec l'Union européenne.
4 juillet 2001 - vote de la réforme territoriale qui crée les huit régions actuelles.
1er janvier 2002 - entrée en vigueur du nouveau code commercial voté en octobre 2001.
sept.-oct. 2002 - élections législatives. Reconduction du Premier ministre Mikulas Dzurinda à la tête d'une coalition rassemblant son parti (l'Union slovaque démocratique et chrétienne - SDKU), la coalition des partis hongrois (SMK), le mouvement chrétien-démocrate (KDH) et l'Alliance pour un nouveau citoyen, libérale (ANO). La coalition de ces quatre partis donne à M. Dzurinda une majorité de 78 sièges sur 150 au Parlement.
21-22 novembre 2002 - sommet de l'OTAN réunissant les pays membres et les pays partenaires à Prague. Sept nouveaux pays, dont la Slovaquie, sont officiellement invités à rejoindre l'Alliance.
1er mai 2004 -Célébrations marquant l'élargissement de l'Union européenne à 25 Etats membres: la République slovaque entre dans l'Union européenne
13 juin 2004 - Elections européennes en Slovaquie : la coalition de droite au pouvoir remporte les élections en obtenant une majorité absolue des suffrages de 51,2%. Le parti chrétien-démocrate SDKU du Premier ministre Mikulas Dzurinda, arrive en tête avec 17,1% des voix et 3 sièges sur les 14 à pourvoir. Il devance de 372 voix le parti HZDS du populiste Vladimir Meciar qui obtient 17,04% et 3 sièges. Un autre parti populiste, teinté de gauche, le Smer, avec 16,9% des voix, gagne 3 sièges. Le KDH, parti chrétien-démocrate catholique, et le SMK, parti de la minorité hongroise, tous deux alliés de M. Dzurinda, obtiennent respectivement 16,2% et 13,2% des voix, soit 3 sièges pour l'un et deux pour l'autre. Le taux d'abstention de 83,03% est le plus élevé dans l'Union européenne
18 juin 2006 - Elections législatives en Slovaquie: le pays bascule à gauche avec la victoire de Robert Fico, chef du parti SMER (Direction) avec 29,14% des voix. Il devance l'Union démocratique et chrétienne slovaque (SDKU, droite) du Premier ministre Mikulas Dzurinda, en poste depuis huit ans et acteur principal des réformes économiques qui ont profondément modifié le pays et lui ont notamment permis d'adhérer à l'OTAN et à l'Union européenne. Toutefois, le chômage reste relativement élevé (15%) tandis que le fossé se creuse entre Bratislava, la capitale irriguée par les investissements étrangers et les régions plus pauvres de l'Est et du centre du pays.
10 avril 2008 - Ratification du traité de Lisbonne par la Slovaquie : après plusieurs semaines de blocage lié à un différend politique interne sur la nouvelle loi sur la presse, le texte est adopté par 103 voix pour et 5 contre. La Slovaquie est le huitième Etat membre à ratifier le traité.
12 décembre 2008 - La Commission européenne juge la Slovaquie prête pour adopter l'euro
21 mars et 4 avril 2009 - Election présidentielle en Slovaquie : le président sortant, Ivan Gasparovic, est réélu pour cinq ans au deuxième tour de scrutin, avec 55,5% des suffrages, face à la candidate de l'opposition, la démocrate chrétienne (SDKU, Iveta Radicova, qui obtient 44,5%). La participation au 2ème tour (près de 51,7%) dépasse de 8% celle du premier tour et Ivan Gasparovic devient le premier président slovaque à être réélu à la tête de l'Etat depuis l'indépendance du pays en 1993
Source : la documentation française
Dernière mise à jour : 09/03/2010


