Constitution et gouvernement
Le Royaume-Uni est constitué de l'Angleterre (62 % du territoire), du Pays de Galles, de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord.
Le Royaume-Uni est une monarchie parlementaire remontant au IXème siècle.
Elle est fondée sur une Constitution non écrite. Celle-ci comprend d'une part la Statute Law, composée des textes fondamentaux qui limitent très tôt le pouvoir royal et posent les bases d'un régime de libertés : il faut citer notamment la Magna Carta (1215), la Pétition des droits (1628), l'Habeas Corpus (1679), le Bill of Rights (1689) et l'Acte d'établissement de 1701. Le système constitutionnel se fonde d'autre part sur la Common Law (droit commun ou jurisprudence) et la coutume.
On distingue la personne du souverain et la "Couronne" dont les fonctions sont exercées par le Gouvernement responsable devant le Parlement.
Le souverain
Il est le chef de l'Etat et le symbole de l'unité nationale. De ce fait, il est en théorie le chef du pouvoir exécutif, du corps législatif et de la magistrature ; il est le commandant en chef de toutes les forces armées et le chef de l'Eglise anglicane. Ses fonctions ont une portée symbolique importante mais la réalité du pouvoir exécutif est aux mains du Premier Ministre.
Elizabeth II accède au trône le 6 février 1952. L'héritier de la Couronne est son fils aîné, Charles, Prince de Galles.
Le gouvernement
Il est appelé "Gouvernement de Sa Majesté", car il gouverne le pays au nom de la Reine. Le Premier Ministre est traditionnellement le chef du parti majoritaire à la Chambre des Communes. Il détient la réalité du pouvoir. En tant que chef du gouvernement, il nomme une centaine de ministres, dont une vingtaine forment ce qu'on appelle le Cabinet, qui prendra les principales décisions politiques. Le premier parti minoritaire constitue le parti d'opposition officiel ; il possède son chef et son "cabinet fantôme".
Le parlement
De nature bicamérale, il comprend :
La Chambre des Communes (House of Commons) : 659 députés (Members of Parliament ou "MPs") sont élus pour cinq ans maximum (la date des élections est fixée par le gouvernement en place) au suffrage universel direct et au scrutin uninominal à un tour. Ils représentent chacun une circonscription locale. L'Ecosse envoie 72 représentants, le Pays de Galles 38, l'Irlande du Nord 17. Le Speaker, membre de la Chambre, est proposé par le Gouvernement après consultation de l'opposition. Il est élu au début de chaque législature pour présider la Chambre et faire respecter les règlements.
La Chambre des Lords (House of Lords) : elle est composée de pairs à vie, de pairs héréditaires et de hauts dignitaires de l'Eglise d'Angleterre ("Lords Spiritual"). La Chambre des Lords est présidée par le Lord Chancelier. Le rôle des Lords est d'examiner et d'amender si nécessaire les projets de lois qui seront renvoyés à la Chambre des Communes ; ils ont le pouvoir de retarder d'un an l'adoption de la plupart des lois mais en usent rarement.
Les Travaillistes ont engagé une réforme de la Chambre des Lords. La première étape a privé les pairs héréditaires du droit de siéger et de voter à la Chambre Haute. La deuxième étape, en cours, vise à arrêter le mode de désignation de cette deuxième chambre qui serait nommée ou élue.
La "Dévolution"
La "Dévolution" a constitué la réforme la plus spectaculaire menée par les Travaillistes lors de leur premier mandat. Il s'agit de la mise en œuvre d'une politique de décentralisation, à travers la délégation de certains pouvoirs accordés aux institutions locales. Ainsi, cette réforme décidée par referendums a abouti en Ecosse à une large autonomie, plus limitée dans le cas du Pays de Galles. Une partie des pouvoirs jusqu'ici détenus par Londres ont été transférés au nouveau parlement d'Edimbourg et à la nouvelle assemblée de Cardiff en juillet 1999.
L'Irlande du Nord (Ulster), initialement dotée d'un parlement local, fut administrée directement à partir de Londres en 1972 en raison des troubles. Une nouvelle assemblée d'Irlande du Nord (Assemblée de Stormont), a été élue en juin 1998, qui a désigné le Premier Ministre de la province.
Le gouvernement de Tony Blair entend à présent achever la dévolution entamée en 1997, comme le souligne la récente présentation d'un livre blanc proposant la création d'un statut de semi-autonomie aux régions qui le souhaiteraient.
Le parlement écossais
Le parlement compte 129 membres élus pour quatre ans ; il fut constitué pour la première fois en mai 1999.
Les députés désignent le Premier Ministre (First Minister), actuellement Alex Salmond, du Parti national écossais. L'Ecosse continue, par ailleurs, à envoyer 72 députés à Westminster, siège du parlement britannique.
L'Ecosse avait déjà des pouvoirs importants dans les secteurs de l'éducation et de la justice, avec un système juridique spécifique. Désormais, tout ce qui n'est pas attribué explicitement à Westminster relève de la compétence du parlement écossais qui prend totalement en charge la santé, les transports, l'éducation, la police, la justice, les services sociaux, le développement économique, la politique de l'environnement et l'agriculture.
Il a également le pouvoir de faire varier l'impôt sur le revenu dans une fourchette de 3%. Le parlement écossais décide par ailleurs de la répartition des dépenses du budget, plus de 22 milliards de livres en 2003, sur la base d'une enveloppe votée à Londres.
Parmi les domaines relevant toujours du contrôle de Londres, on trouve notamment les Affaires étrangères, la Défense, la politique monétaire et la politique de l'emploi.
L'assemblée galloise
Les 60 membres de l'Assemblée galloise, désignés aussi pour quatre ans, élisent un First Minister, actuellement Rhodri Morgan, qui dirige le parti travailliste.
Il est entouré d'un "comité exécutif" qui l'aide à gérer un budget alloué par Londres, de l'ordre de 7 milliards de livres par an.
Contrairement au parlement écossais, l'Assemblée de Cardiff n'a aucun pouvoir dans les domaines de la fiscalité, la justice ou la police. Elle s'occupe de l'économie de la région (agriculture, pêche, industrie, tourisme), du logement, de l'environnement et des transports, mais Westminster conserve la responsabilité des principaux textes de loi dans tous ces domaines.
Les partis politiques
Le Parti Conservateur (Tory Party) fondé en 1867. Représentant à l'origine les propriétaires fonciers, il est plutôt lié au monde des affaires. Sortis du pouvoir en 1997, les Tories sont entrés brutalement dans l'opposition. Ils sont très affaiblis en Ecosse.
Le Parti Travailliste (Labour Party) fondé en 1906. L'influence des syndicats (Trade Unions) sur ce parti a tendance à s'amenuiser et ceux-ci se reconnaissent de moins en moins dans le "New Labour" de Tony Blair qui a tendance de plus en plus à recourir au secteur privé pour financer et gérer les services publics.
Le Parti Libéral Démocrate : l'ancien Parti Libéral, après fusion en 1988 avec le S.D.P. (Parti Social Démocrate), a formé un parti centriste social et libéral démocrate.
En fait, le système électoral britannique impose un bipartisme dans lequel il est très difficile à un troisième parti de s'imposer. Ce système assure en revanche des majorités stables et claires. A noter qu'il existe en Ecosse un important Parti nationaliste (indépendantiste).
Le Commonwealth
Le Royaume-Uni est membre du "Commonwealth", qui comprend :
Une association libre de 54 Etats indépendants souverains dont quatre membres ont un statut spécial (les Maldives, Nauru, Tuvalu et Saint-Vincent),
Quelques territoires (en majorité des petites îles).
Tous les pays du Commonwealth reconnaissent la Reine Elisabeth II comme chef du Commonwealth. Elle est en outre le chef de l'Etat pour Antigua, l'Australie, les Bahamas, la Barbade, Belize, le Canada, Fidji, Grenade, la Jamaïque, l'île Maurice, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Royaume-Uni, St-Kitts, Ste-Lucie, St-Vincent-Grenadines, Salomon et Tuvalu. Les autres pays du Commonwealth ont chacun leur propre chef d'Etat.
(Dernière mise à jour : 22.02.2008)


