Economie
Présentation générale
Dans la continuité de la politique de stabilisation macroéconomique et d’assainissement des finances publiques menée par son prédecesseur, Alejandro Toledo, le président Garcia s’est fixé cinq priorités : la croissance (avec l’appui des investissements étrangers et un « choc d’investissements publics » en progression de 40%), le maintien d’une politique d’austérité (hors dépenses productives et sociales), la redistribution des richesses (augmentation de 43% des fonds alloués aux politiques sociales), la décentralisation (transfert de compétences et de ressources aux régions), l’éducation et la santé.
Le Pérou a bénéficié d’une croissance forte au cours des dernières années -6,5% sur la période de 2002-2007- grâce notamment à une demande externe très soutenue par les cours élevés des matières premières ainsi qu’au développement du gisement de gaz de Camisea. En 2008 et malgré la crise internationale, la croissance a atteint un niveau record de 9,8%. Le PIB dépasse désormais 127 milliards de dollars en 2008, soit près de 4000 dollars par habitant.
Le Pérou a désormais rejoint, depuis le mois de juin 2008, le club restreint des pays bénéficiant de la notation « investment grade ». Bénéficiant de l’ouverture totale du Pérou aux investissements étrangers, les IDE (investissements directs à l’étranger) devraient dépasser les 7,2 milliards de dollars en 2008 dans les secteurs de l’énergie, de la mine, du pétrole et du gaz.
Le positionnement sectoriel de l’économie péruvienne autour de quelques marchés porteurs, notamment dans les domaines agricole et de l’industrie agroalimentaire, lui a été favorable. Le Pérou est ainsi le premier exportateur mondial de farines de poisson et d’asperges. Son industrie textile d’exportation, essentiellement tournée vers les États-Unis, est axée sur des produits de qualité, ce qui lui a jusqu’à présent permis de résister à la concurrence asiatique. Les effets de la baisse des prix internationaux des matières premières (or, cuivre, zinc et molybdène) se font néanmoins sentir : l’économie péruvienne est notamment affectée par la baisse du prix du cuivre, dont le Pérou est le deuxième exportateur mondial après le Chili.
Malgré son taux de croissance élevé, le Pérou a ressenti les premiers effets de la crise économique et financière mondiale dès la fin de l’année 2008, avec notamment la dégradation des termes de l’échange suite à la baisse de la demande externe et des cours des matières premières et au ralentissement de la demande interne. Disposant de fondamentaux solides (excédent budgétaire de 2,2% en 2008, réserves en devises équivalentes à quatre fois la dette à court terme, réduction importante de sa dette publique, passée de 50% du PIB en 2000 à 12,3% en 2008), le Pérou a pu lancer, dès le mois de décembre 2008, un plan de relance contra-cyclique bi-annuel ambitieux, visant essentiellement à soutenir l’emploi (l’objectif de créer 215000 emplois en deux ans a été fixé) et à éviter les difficultés de financement des entreprises. Le plan de stimulation économique atteint un montant de 4,1 milliards de dollars, soit environ 3,2% du PIB. Six mois après son lancement, il enregistre cependant un important retard dans sa mise en œuvre. Dans ces conditions, la Banque centrale péruvienne (Banco Central de Reserva del Peru, BCRP) a revu ses prévisions de croissance pour 2009 à la baisse : 3,3% de croissance, au lieu des 5% envisagés auparavant.
Après l’accord de juin 2005, signé avec le Club de Paris sur le remboursement anticipé d’une partie de sa dette (70 millions de dollars), permettant d’alléger sensiblement dans les cinq années à venir la charge de la dette publique, ramenée à 350 millions de dollars par an, un nouvel accord de remboursement anticipé, portant sur 2,5 milliards de dollars de dettes commerciales, a été signé en Club de Paris le 23 mai 2007.
En tout état de cause, il convient de rappeler que l’économie informelle représente au Pérou plus de 40% du PIB et 70% de l’emploi, allant de pair avec une forte concentration de la richesse (les 20% les plus riches disposant de 52% des revenus et les 20% les plus pauvres de 4%) et de fortes inégalités intra-régionales (alors que Lima et Callao sont relativement prospères et que les villes moyennes de la côte ont bénéficié du boom économique de ces dernières années, les zones rurales de la Sierra continuent d’être les plus défavorisées). La situation sociale reste très fragile : 48% des Péruviens vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont 24% dans l’extrême pauvreté. Le président Garcia s’est fixé comme objectif de réduire, d’ici la fin de son mandat, la pauvreté à 40% et l’extrême pauvreté à 17%. 68% de la population est sans emploi (8%) ou sous-employée (60%).
Agriculture
L'agriculture occupe 30% de la population active et contribue pour 7% au PNB du pays.
La diversité bioclimatique dont bénéficie le Pérou permet une production agricole variée. En 2008, la surface agricole utile représente environ 5,4 million d'hectares. Dans la partie andine il s'agit surtout d'une agriculture vivrière (pommes de terre, maïs, élevage). L'est du pays au climat amazonien permet la croissance de café, les productions de thé et de cacao ne sont pas significatives. Toutefois, les carences dans le domaines des transports ne facilitent pas l'écoulement de ces productions destinées à l'exportation. Le gouvernement lutte contre la culture de la coca depuis les années 70. Le Pérou est le deuxième producteur mondial de cette culture illégale mais traditionnelle. Par ailleurs, la forêt amazonienne, qui couvre plus de la moitié du territoire est sous-exploitée sur le plan économique et mal exploitée sur le plan écologique.
La zone côtière compense un manque de précipitation par l'irrigation issue des nombreux cours d'eau en provenance de la cordillère des Andes. Dans cette zone, la canne à sucre, le coton, le riz et les cultures maraîchères occupent les premiers plans en terme de production. Ces productions agro-industrielles ont été affectées par les réformes des années 70.
Grâce au courant de Humboldt, le Pérou possède l'une des eaux territoriales les plus poissonneuses au monde, mais elle pourrait être mieux valorisée car, sur environ 740 espèces recensées, seulement 3 sont pleinement utilisées par les industriels. Le Pérou a extrait en 2008 environ 7,3 millions de tonnes de produits de la mer. Toutefois, en cas de phénomène climatique El Niño, la production baisse. Ainsi, en 1998, El Niño avait provoqué une chute d'environ 75% de la filière. Plus de 90% des volumes pêchés sont transformés en farine de poisson pour l'alimentation animale. Seuls 8% sont destinés à la consommation humaine (provenant en grande partie de la pêche artisanale).
La pêche péruvienne (près de 1200 embarcations enregistrées) représente environ 10 % de la pêche mondiale (4ème rang mondial) et constitue le second secteur exportateur péruvien, notamment grâce à la farine de poissons dont le Pérou est le premier producteur mondial.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 22% de la population active et contribue pour 36% au PNB du pays.
Le Pérou est le 1er producteur mondial d'argent, le 2ème de zinc, le 3ème d'étain, le 4ème de plomb et de molybdène et le 6ème d'or. De plus, seul 14% du territoire ayant un potentiel minier est effectivement exploré.
Trois minerais concentrent plus de 80% des exportations minières totales : le cuivre (43%), l'or (24%) et le zinc (15%).
Le Pérou profite aussi de nombreux gisements d'hydrocarbure lui assurant l'indépendance énergétique et permettant de conforter sa balance des paiements.
Concernant l'industrie traditionnelle, la production de biens de consommation et le textile représentent les secteurs les plus dynamiques.
Services
Les services occupent 48% de la population active et contribuent pour 57% au PNB du pays.
A l'exception de l'aire métropolitaine de Lima et des grandes villes les réseaux du commerce de détail restent du domaine de l'économie souterraine.
Le tourisme, après une décennie difficile au cours des années 80, sous la double influence de l'hyperinflation et des attentats du Sentier Lumineux, redore l'image du Pérou et profite de nombreux sites attractifs. En 2008, le Pérou a accueilli près de deux millions de touristes, générant environ 2,4 milliards USD.Le tourisme constitue après les mines, la 2ème source de devises du pays.
Les infrastructures de transport représentent un problème majeur que le Pérou doit résoudre dans un avenir proche. Le Pérou possède un réseau routier d'environ 127 000 km, dont seulement 11% sont asphaltés. Cette carence nuit gravement aux autres secteurs d'activités, notamment l'agriculture, et contribue très largement à l'accroissement des disparités régionales.
Dernière mise à jour : 10/08/2010


