Constitution et gouvernement
République depuis 1992, membre du Commonwealth, l'île Maurice fonctionne sous un régime parlementaire inspiré du modèle britannique.
Le Président de la République et le Vice-Président sont élus par l'Assemblée Nationale pour cinq ans. Le chef du gouvernement est le Premier Ministre, nommé par le président. Il préside le Conseil des Ministres et est responsable devant le Parlement.
Le Parlement comporte une seule Assemblée de 62 membres élus au suffrage universel pour cinq ans (plus quatre sièges "correctifs" désignés parmi les meilleurs perdants de l'opposition pour équilibrer la représentation politique des différentes communautés). L'île Maurice a fait appel récemment à des constitutionnalistes indiens et sud-africains pour la revision de la Constitution visant à renforcer les pouvoirs du Président de la République.
La souveraineté du président s'exerce également sur un certain nombre d'îles (Rodrigues, Saint Brandon, Agalega).
La vie politique se caractérise par une recomposition fréquente des coalitions de partis et, en ce qui concerne les hommes politiques, par des changements d'appartenance ("transfugisme").
Maurice est membre de l'ONU, de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et bénéficie d'un accord spécial avec l'Union Européenne, dans le cadre de la convention de Lomé (renouvelée pour 20 ans à Cotonou en 2000), signée par les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (pays ACP).
Contexte actuel :
Maurice bénéficie depuis son indépendance en 1968 d’une authentique démocratie (avec des élections régulières qui ont permis quatre fois l’alternance), ainsi que d’une presse vive et de qualité. Non bipartisane, la vie politique est caractérisée par le jeu d’alliances entre des partis dont l’audience repose assez largement toutefois sur des bases communautaires.
« L’Alliance Sociale », formée autour du Parti Travailliste a remporté les élections législatives de juillet 2005, provoquant une nouvelle alternance. Elle dispose d’une majorité claire pour gouverner (42 sièges sur 70). Son leader, Navin Ramgoolam (qui a avait déjà été chef de l’exécutif de 1990 à 1995) a été nommé Premier ministre le 5 juillet 2005, et succède à Paul Berenger. Les élections municipales d’octobre 2005 ont également consacré la victoire de « L’Alliance Sociale » avec l’élection de 122 conseillers municipaux sur les 126 sièges à pourvoir.
La création d’emplois, le développement du secteur du tourisme, les restructurations des filières textile et sucre et la diversification de l’économie figurent parmi les dossiers prioritaires du nouveau gouvernement. Les principaux partis d’opposition restent le MMM (Mouvement Militant Mauricien de Paul Bérenger, 10 députés), le MSM (Mouvement Socialiste Mauricien de Pravind Jugnauth, 11 députés) et le PMSD (Parti Mauricien Social Démocrate, 2 députés). La coalition MSM-MMM-PMSD a éclaté après la défaite de 2005. Nandho Bodha (MSM) occupe aujourd’hui le poste institutionnel de chef de l’opposition.
Si « l’Alliance Sociale » se réclame d’obédience sociale-démocrate par opposition à ses prédécesseurs jugés trop libéraux, le débat public porte plus souvent sur la qualité de la gestion et les résultats socio-économiques.
L’essoufflement de la croissance et la dégradation de la situation sociale a largement expliqué le résultat des élections de 2005. Aussi les restructurations des filières textile et sucre, le développement du tourisme et de nouveaux secteurs porteurs figurent parmi les priorités du nouveau gouvernement.
Le sentiment communautaire a également pesé sur les résultats des élections de 2005. La « démocratisation de l’économie » prônée pendant la campagne (pour dénoncer le poids dominant de la communauté blanche dans les affaires) reste à définir. La majorité semble décidée à lui donner corps. Le plan de réforme du secteur sucrier convenu avec l’Union européenne en 2006 est ainsi remis en cause depuis 2007 par des députés travaillistes.
Source : France diplomatie > pays-zone géo> Maurice > présentation
Dernière mise à jour : 16/06/2010


