Economie
Présentation générale
Dès le changement de régime, la Hongrie a été l’un des pays leaders de la transition économique en Europe centrale, attirant une part significative des IDE (près de 70 Mds EUR de flux cumulés de 1990 à 2008, soit près du tiers des IDE de la région) mais elle a laissé s’installer des déséquilibres macroéconomiques majeurs qu’elle a commencé à corriger en 2006, au prix d’une croissance fortement ralentie. C’est donc fragilisée qu’elle a été confrontée à la crise financière de l’automne 2008. Face à l’aversion au risque croissante des investisseurs étrangers, elle a dû faire appel au soutien de la communauté financière internationale, et bénéficie ainsi de la part du FMI d’un accord de confirmation de 12,5 Mds EUR. L’Union européenne a, quant à elle, mobilisé l’instrument de « soutien financier à moyen terme » de l’UE et consenti un prêt de 6,5 Mds EUR. La Banque Mondiale s’est pour sa part engagée sur un montant d’1 Md EUR. Ces accords arrivent à échéance en octobre et novembre 2010. Mais la dernière revue menée par les services du FMI et de la Commission, en juillet, a conduit au départ anticipé de ces derniers en raison de désaccords avec plusieurs mesures préparées par le gouvernement. La question de la poursuite par le gouvernement Orban du programme de réformes structurelles et d’assainissement des finances publiques est au cœur des préoccupations.
La Hongrie a connu une profonde récession en 2009 avec une contraction du PIB de 6,3%, mais la reprise semble se confirmer. D'après l'Office des statistiques, le PIB a augmenté au 2ème trimestre de 1% en g.a., soit un niveau plus élevé que le consensus du marché qui était de +0,65%. Pour l'ensemble de l'année, le gouvernement table sur une croissance de +0,6% tandis que la banque centrale avance un chiffre de +0,9%. Cependant, cette reprise est essentiellement tirée par les exportations. La demande intérieure reste atone. Les rémunérations ont augmenté en juin en moyenne de 0,5% en glissement annuel contre une baisse de 0,9% en g.a. en mai. Le salaire moyen dans le secteur public baisse de 4,5%, tandis qu’il augmente de 2,9% dans le secteur privé. L’inflation (CPI) a atteint 4% en juillet en glissement annuel, contre 5,3% en juin, et 0,1% en variation mensuelle ; l’inflation sous-jacente est de 1,3%, contre 3,5% en juin.
La Hongrie connaît depuis début juin une phase de turbulences suite à des déclarations de responsables politiques sur la situation des finances publiques du pays. On note, qu’après de fortes tensions suite au départ anticipé des services du FMI et de la Commission, le forint semble se stabiliser depuis début août autour de 280 HUF. La situation reste évidemment très fragile, comme l’indique la mise sous surveillance par l’agence de notation Moody’s le 23 juillet dernier. Le Conseil de la politique monétaire de la Banque centrale a décidé, depuis deux réunions, de maintenir le taux directeur à 5,25% (décision qui a été confirmée lors de la réunion du 28 septembre dernier). Cependant, dans son communiqué de juillet, le conseil indiquait qu’une croissance forte des primes de risques pourrait rendre nécessaire d’augmenter le taux directeur.
Entré en fonction le 29 mai 2010, le nouveau gouvernement Orban a publié le 8 juin un plan en 29 points. Il y précise comment il entend relancer l’économie et respecter l’objectif de déficit public de 3,8% en 2010, alors qu’en l’absence de mesure nouvelle, le déficit pourrait s’établir à 5% du PIB. Mais la plupart de ces mesures annoncées dans l’urgence sont apparues techniquement très peu préparées. L’essentiel des ressources budgétaires destinées à combler l’écart de déficit public repose sur une taxe pesant sur les institutions financières (banques et assurances) de 200 Md de Forint. Cette taxe devra être payée en deux fois : début Octobre et fin novembre 2010. Elle a fait l'objet de débats tendus entre le gouvernement et l'association des banques qui a reproché au gouvernement de ne pas avoir fait d’étude d’impact. L’association met en avant le fait que les charges fiscales supplémentaires pourront réduire la compétitivité de l’économie hongroise, en empêchant un assouplissement de l’activité de prêt. La taxe bancaire a concentré la majeure partie des désaccords avec le FMI et l’Union européenne lors de la dernière revue. Lors de la session d’automne, le gouvernement hongrois prévoit de soumettre 42 projets de loi au Parlement. Au nombre des propositions économiques les plus importantes, on note l’introduction d’une « flat taxe » de 16% pour l’impôt sur le revenu.
A la fin du mandat du gouvernement Bajnaï, la Hongrie avait réussi à restaurer la confiance des investisseurs grâce à l’engagement dans la voie de réformes structurelles et de la rigueur budgétaire. Les premiers pas du gouvernement Orban ont fragilisé ce délicat climat. Ainsi la Hongrie est exposée à tout retournement de confiance des marchés même si la dépréciation du forint suite au départ anticipé du FMI a finalement été moindre que ce que de nombreux analystes avaient pu craindre.
Source : site de France diplomatie > pays-zones géo > présentation du pays
Agriculture
Après avoir été longtemps un secteur phare de l’économie hongroise, l’agriculture a connu de profondes restructurations avec le changement de régime, et poursuit ses mutations depuis l’entrée du pays dans l’Union européenne. La Hongrie est essentiellement constituée de terres arables : sur les 5,9 millions d’ha de SAU (surface agricole utile : 63% du territoire), les terres arables occupent 77%. La forêt, quant à elle, occupe 19% du territoire.
La part de la population active dans le secteur agricole a fortement baissé depuis les années 1990. En 2007, seulement 4,7% de la population active travaille dans l’agriculture ou le secteur forestier (17,8% en 1989) et 3,6% dans les industries agroalimentaires soit un peu plus de 8% pour l’ensemble du secteur agricole et agroalimentaire.
La production de fruits et légumes occupe environ 200 000 ha, répartis à parts égales entre les vergers et les productions légumières. Une partie de ces productions est destinée à l’industrie de transformation.
Dans le secteur de l’élevage, les principales productions sont les volailles et les porcins.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 27 % de la population active et contribue pour 34 % au PNB du pays.
Bien que diversifiées (lignite, bauxite, uranium, gaz naturel, charbon et pétrole), les productions minières restent d'importance moyenne. La Hongrie est faiblement dotée en ressources énergétiques, elle importe l’essentiel de ressources qu’elle consomme.
L'industrie est la clé de la croissance hongroise. Restructurée très tôt, elle a bénéficié d'investissements étrangers importants qui lui ont permis de bâtir des positions fortes dans des secteurs à forte valeur ajoutée : biens d'équipement, machines, industries automobile, industrie chimique, pharmaceutique, textile, agroalimentaire. Plus récemment, la Hongrie a su attirer de nombreuses multinationales dans le secteur des nouvelles technologies de l'information et des télécommunications mobiles. Le marché hongrois des technologies de l’information et de la communication est un marché très compétitif qui a généré un chiffre d’affaires de 6,4 milliards EUR en 2007.
Services
Fort de ses 8 sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Hongrie dispose de nombreux atouts touristiques comme sa capitale Budapest, sa position géographique centrale, ses nombreux sites historiques, ses thermes, la diversité de son architecture, ses traditions régionales et un niveau de prix plus bas qu’en Europe occidentale. Au total, le secteur du tourisme contribue à 8,8% du PIB hongrois et emploie plus de 400 000 personnes. Selon les données de la Banque nationale, en 2007 l’industrie du tourisme a généré une recette de 3,45 milliards EUR.
Le secteur bancaire et de l’assurance est désormais conforme aux normes européennes et internationales. Seuls deux établissements de crédits spécialisés demeurent à capitaux publics : la MFB, Banque hongroise de développement, et l’Eximbank. La création en 2000, de la PSZAF, Autorité indépendante de supervision des marchés financiers, a permis de renforcer la surveillance du respect des règles du secteur des banques et assurances. Enfin, la loi sur les assurances du 1er mai 2004 permet désormais d’encadrer l’implantation des compagnies européennes en Hongrie.
Commerce extérieur
Les principaux clients commerciaux de la Hongrie sont l'Allemagne (28,3 %), le Royaume Uni (6%), l'Italie (5,5 %), la France (5%), l’Autriche (5%), la Slovaquie (4%), la Roumanie (4%), et la Pologne (4 %).
Les principaux pays-fournisseurs sont l'Allemagne (27 %), la Fédération de Russie (7 %), l'Autriche (6 %), la Chine (5%), l'Italie (5 %), la France (4 %), les Pays-Bas (4 %), la Pologne (24%) et le Japon (2,9 %).
Source : L'essentiel d'un marché Hongrie 2009-2010, Ubifrance
Pour en savoir plussur la situation économique et financière de la Hongrie mars 2011: site de la Mission économique
Dernière mise à jour : 11/03/2011


