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Economie

La Côte d’Ivoire représente plus du tiers du PIB de l’UEMOA et près de deux tiers des exportations de la zone. La crise que traverse le pays depuis 2002 a toutefois sensiblement fragilisé l’économie ivoirienne. De nombreuses usines ont fermé et un nombre non négligeable de responsables d’entreprises, notamment français, sont partis. Les pays sahéliens, traditionnellement desservis par le port d’Abidjan, ont craint que la sécurité de leurs exportations et de leurs approvisionnements ne soit menacée et sont ainsi rapidement tournés vers les ports ghanéens, togolais et béninois. Plus l’instabilité perdure, plus ces solutions de rechange risquent de se pérenniser, au détriment de la Côte d’Ivoire.

Le pays, sous l’effet de la crise, se classe en 2008, au 163ème rang (sur 182) selon l’indice de développement humain du PNUD, avec 49% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté (1$/jour) en 2008.

La Côte d’Ivoire dispose pourtant de solides atouts économiques. Elle possède des infrastructures héritées des deux décennies du « miracle ivoirien » (1960-1980) : 2ème port d’Afrique sub-saharienne, important réseau routier. L’économie ivoirienne a néanmoins souffert de la dégradation des facteurs de production de base depuis la crise. Dans le secteur primaire, le pays conserve sa place de 1er producteur de cacao avec près de 40% du marché mondial. Le développement des autres productions agricoles d’exportation (caoutchouc, anacarde, coton, café, palmier à huile, banane, ananas, cola) aux tout premiers rangs africains. Le pays exploite depuis quelques années des gisements de gaz et de pétrole, assurant son autosuffisance énergétique ; ils lui permettent d’exporter de l’électricité dans la sous-région et, depuis peu du brut, comme des produits raffinés grâce à sa raffinerie (SIR), un des plus importants complexes de raffinage d’Afrique subsaharienne.

En 2008, alors que l’objectif de taux de croissance était de 2,9%, soit près du double de celui de l’année précédente (1,6%), celle-ci n’a finalement atteint que 2,3%. Après un relatif bon début d’année, l’activité a en effet été ralentie par un affaiblissement de la demande intérieure, déjà durablement anémiée par la prolongation de la crise, en raison de la flambée des prix internationaux de produits de grande consommation. L’année 2009, s’annonçait tout aussi difficile, en raison de l’impact de la crise mondiale sur la demande et les cours des matières premières agricoles et minières, mais l’activité s’est redressée en cours d’année et l’objectif de croissance de 3,7% devrait être atteint.

Le FMI et la Banque Mondiale avaient suspendu leurs programmes avec la Côte d’Ivoire du fait de l’accumulation des arriérés de la dette ivoirienne à l’égard des bailleurs financiers multilatéraux. Les soutiens financiers qui sont aujourd’hui accordés viennent en appui du programme de sortie de crise mis en place dans le cadre de l’accord de Ouagadougou. Ainsi, en avril 2008, la Côte d’Ivoire a apuré ses arriérés envers la Banque mondiale ce qui a permis la reprise progressive des activités de cette dernière (un don de 300 M$ a été accordé pour accompagner les réformes de gouvernance et un don de 120 M$ a été débloqué en décembre 2008 pour l’appui au programme post-conflit). Le FMI a approuvé en août 2007 un programme d’aide d’urgence post-conflit (EPCA). Dans le cadre de ce programme, l’accent a été mis sur les mesures visant à améliorer la gestion des ressources publiques, notamment à accroître la transparence dans certains secteurs clés (cacao, pétrole).

Les 27 et 31 mars 2009 respectivement, les conseils du FMI et de la Banque mondiale ont approuvé les accords conclus entre ces institutions et le Gouvernement ivoirien, aux termes desquels ce dernier devrait recevoir, dans le cadre de l’assistance budgétaire, 100 M$ du Fonds et 150 M$ de la Banque. La Côte d’Ivoire a franchi le point de décision de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE renforcée) en mars 2009. Les créanciers du Club de Paris sont convenus le 15 mai 2009 avec le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire d’un accord de restructuration de sa dette publique extérieure, qui annule immédiatement 845M$ de dette et permet de réduire de 92% le service de la dette sur la durée du programme soutenu par le FMI.

Les perspectives économiques de la Côte d’Ivoire à court et moyen terme restent étroitement liées à la poursuite effective du processus de paix, à la tenue des élections et à la normalisation des relations financières extérieures. La situation économique reste fragile et exige la poursuite des réformes structurelles.

Source : France diplomatie > Pays-zones géo > présentation de la Côte d'Ivoire

Dernière mise à jour : 01/04/2010

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