Fiscalité du pays
A titre préliminaire, l'attention des Français doit être appelée sur l'évolution rapide de la législation et de la réglementation fiscale en Chine et sur les particularismes qui peuvent subsister dans leur application à l'échelon local. Il est donc conseillé aux nouveaux arrivants de prendre rapidement contact avec le Bureau municipal des impôts de leur lieu de travail, afin de se conformer aux dispositions les plus récentes.
Modalités de paiement des impôts
Les étrangers qui, d'un point de vue fiscal, sont considérés comme résidents chinois, doivent, lors de leur entrée en Chine, se déclarer auprès du Bureau municipal des impôts territorialement compétent du lieu de leur activité professionnelle.
Les documents à produire à cette occasion sont :
- un passeport et un visa en cours de validité ;
- une lettre d'embauche ;
- un formulaire de demande d'enregistrement dûment rempli.
Le paiement de l'impôt interviendra au moment même de la déclaration.
A l’inverse du système français selon lequel le contribuable doit remplir sa propre déclaration d’impôts annuellement, la Chine applique un système de retenue à la source mensuel.
L’impôt est calculé en fonction de la tranche dans laquelle s’insèrent les revenus de l’employé auxquels a déjà été soustrait un abattement fiscal. Celle-ci est de 2 000 Rmb pour les personnes de nationalité chinoise et de 4 800 Rmb pour les personnes étrangères.
La formule de calcul de l’impôt sur le revenu est la suivante : [(revenu mensuel-abattement) x taux applicable] - déduction rapide. Prenons, par exemple, le cas d’un expatrié dont l’impôt est payé par ce dernier mais dont les procédures sont effectuées par l’employeur. Celui-ci perçoit un salaire mensuel de 50 000 Rmb brut. L’impôt sera le suivant : [(50 000 - 4 800) x 30%] -3,375 = 10 85 Rmb.
Le calcul diffère si l’entreprise prend en charge l’impôt sur le revenu de l’employé. Dans ce cas, la base imposable sera réévaluée à la hausse pour prendre en considération notamment le paiement de l’impôt par l’employeur comme un avantage imposable. Dans la pratique, la détermination de l’impôt sur le revenu pour les salaires des employés chinois est plus simple du fait que leur rémunération est principalement constituée du salaire et que les avantages qui leur sont offerts par l’employeur sont limités.
Les optimisations fiscales ont davantage d’intérêt dans le cadre de l’étude d’un expatrié ou d’un détaché arrivant ou installé en Chine pour une période déterminée. Il est alors recommandé de s’entourer de bons conseils pour minimiser les couts d’une expatriation ou d’un détachement.
Les conséquences en matière de fiscalité individuelle
Il convient en premier lieu de déterminer le lieu de la résidence fiscale du salarié, selon les dispositions de la convention fiscale bilatérale France-Chine du 30 mai 1984 et la loi sur l’imposition des personnes physiques en RPC. La convention fiscale bilatérale France-Chine prévoit un principe de non-double imposition.
Aux termes de la Convention, un salarié étranger peut être exonéré du paiement de l’impôt sur ses revenus en Chine s’il remplit les trois conditions cumulatives suivantes : le salarié réside en Chine moins de 183 jours par année civile, sa rémunération est versée par un employeur ou pour le compte d’un employeur qui est établi hors de Chine, et la charge de cette rémunération n’est pas supportée par un établissement en Chine.
Ainsi, si le salarié séjourne plus de 183 jours par an en Chine, il est imposé en Chine et sur ses revenus de source chinoise (c’est à-dire les revenus liés à l’exercice de son activité professionnelle en Chine). Après cinq années de résidence en Chine, le contribuable devient alors imposable en Chine sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Toutefois, un séjour à l’étranger de trente jours consécutifs permet d’interrompre cette période de cinq ans, qui recommence alors à courir après ce séjour (cette interruption de séjour pourra être prouvée par des justificatifs de visas par exemple).
Pour l’imposition sur les revenus, la Chine applique le système de retenue mensuelle de l’impôt à la source, ce qui signifie que l’employeur prélève directement du salaire le montant de l’impôt du par le salarié au titre de sa rémunération (au plus tard le septième jour du mois suivant le versement des revenus). Selon les dispositions du droit chinois, l’assiette d’imposition comprend les salaires (incluant bonus, primes d’expatriation), les intérêts, les loyers, les dividendes perçus en Chine. Certains avantages en nature, distincts du salaire peuvent être exclus de la base imposable : le loyer de l’habitation familiale pris en charge directement par l’employeur, les indemnités d’expatriation, les frais de voyage en Chine et en dehors de Chine (notamment les frais de retour pour congés en France), les frais liés à l’utilisation d’un véhicule, les frais de scolarité des enfants (sous réserve de leur caractère raisonnable, apprécié le cas échéant par l’administration fiscale chinoise).
Un abattement de 4 800 Rmb est également à déduire de l’assiette imposable pour les salariés étrangers. Le calcul de l’impôt suit la méthode d’imposition par tranche de revenus (de 5 à 45% des revenus selon la tranche concernée).
Ainsi, si le salarié détaché pour une courte mission (moins de 183 jours par an) demeure en principe soumis à imposition en France (sa résidence fiscale demeurant en France), le salarié détaché pour une plus longue mission, le salarié expatrié et le salarié sous contrat de droit local sont généralement imposés en Chine (séjournant plus de 183 jours par an en Chine, leur résidence fiscale est alors déterminée en Chine). Dans ce cas, non seulement la rémunération versée en Chine mais aussi la rémunération versée en France au titre de l’activité professionnelle effectuée en Chine doivent être déclarées. En outre, même si le contribuable n’a pas sa résidence fiscale en France, ce dernier peut toutefois être redevable de l’impôt sur le revenu français dans deux circonstances : lorsqu’il perçoit des revenus de source française mais aussi des revenus locatifs, des revenus tirés de valeur mobilière ou bien lorsqu’il conserve à sa disposition une habitation en France (quand bien même il ne disposerait pas de revenus de source française).
Enfin, depuis le 1er janvier 2007, certaines catégories de contribuables doivent effectuer, auprès du Bureau des Taxes du lieu de leur activité professionnelle, une déclaration annuelle de leurs revenus si leurs revenus annuels sont supérieurs à 120 000 Rmb (et si le contribuable a passé l’année civile antérieure en Chine).
Cette déclaration doit s’effectuer avant le 31 mars de chaque année soit par présentation au Bureau des Taxes, soit par Internet, soit par courrier postal (circulaire du Bureau National des Taxes du 6 novembre 2006). Le formulaire de déclaration est disponible sur Internet (en langues chinoise et anglaise), accompagné d’une notice explicative. Il s’agit d’une déclaration individuelle ; en conséquence, c’est au contribuable, et non à son employeur, d’effectuer la déclaration.
Dans ces conditions, il appartient à tout nouvel arrivant en Chine de bien se renseigner sur les possibilités d’organiser et, le cas échéant, d’optimiser les éléments relatifs à sa fiscalité individuelle afin de respecter ses obligations, le système de contrôle du Bureau des Taxes chinois se renforçant, y compris pour les étrangers.
Source : Guide RH CCIFC
Dernière mise à jour : 09/08/2010
L'année fiscale en Chine correspond à l'année civile, c'est-à-dire du 1er janvier au 31 décembre. En vertu des dispositions cumulées de la réglementation interne chinoise et de la convention fiscale franco-chinoise, les Français qui séjournent en Chine plus de 183 jours au cours d'une année civile sont imposables localement sur leurs revenus de source chinoise, c'est-à-dire ceux qui leur sont versés en rémunération d'une activité professionnelle exercée sur le territoire chinois.
Dernière mise à jour : 09/08/2010
Barème de l'impôt sur le revenu
En principe, toute personne de nationalité étrangère travaillant en Chine depuis plus de 183 jours et moins de 5 ans est imposable sur ses revenus de source chinoise, c’est-a-dire liés à ses activités professionnelles en Chine. De ce fait, même si l’employé perçoit tout ou partie de cette rémunération de la société mère de la filiale dans laquelle il travaille, il restera imposable sur la totalité de ces revenus pourvu qu’ils soient liés à son activité en Chine. Il convient donc d’optimiser la fiscalité de telles personnes.
Contrairement aux idées reçues, l’imposition en Chine peut être égale ou plus importante que celle du pays d’origine de l’expatrié ou du détaché. Non seulement le taux d’imposition peut atteindre 45% du revenu imposable du contribuable, mais en plus l’Administration fiscale chinoise prend en considération pour le calcul de la base d’imposition les revenus de l’individu sans tenir compte des charges du foyer auquel il est intégré, comme ce peut être le cas en France par exemple où est en place un système de quotient familial dégraissant l’impôt en fonction du nombre de personnes constituant le foyer fiscal.
Avant l’arrivée de l’expatrié ou du détaché en Chine, l’employeur et l’employé conviennent souvent d’adhérer au principe d’égalisation fiscale, l’employeur supportant ainsi la différence d’impôt entre la France et la Chine.
Une partie des avantages constituant le package du détaché ou de l’expatrié peut ne pas être pris en compte dans le calcul de la base imposable si ceux-ci sont des avantages en nature payés par la société directement au fournisseur et dont les dépenses, sous réserve de factures, seront intégrées aux comptes de la structure en Chine. Ce peut être notamment le cas pour le logement, la voiture et le chauffeur mis à disposition de l’employé, la scolarité des enfants, etc.
Les indemnités perçues directement par l’employé pouvant être confondues avec les revenus seront souvent considérées comme faisant partie de ces derniers et devront donc être intégrées à la base imposable.
Sauf cas exceptionnel, la structure locale accueillant l’employé est en charge de retenir sur le salaire le montant de l’impôt dû et de procéder mensuellement à la déclaration fiscale pour le compte de l’employé. Un quitus sera remis par les autorités fiscales en fin d’année attestant du niveau de salaire déclaré et du montant des impôts payés. Ce quitus devra être conservé par l’employé et servira de preuve d’acquittement des impôts en cas de contrôle fiscale en Chine ou dans son pays d’origine.
Méthode de calcul
| Echelle des revenus imposables, après abattement (en RMB) | Taux d'imposition | Montant à déduire pour le calcul rapide |
| inférieur à 500 | 5% | 0 |
| de 501 à 2000 | 10% | 25 RMB |
| de 2001 à 5000 | 15% | 125 RMB |
| de 5001 à 20000 | 20% | 375 RMB |
| de 20001 à 40000 | 25% | 1375 RMB |
| de 40001 à 60000 | 30% | 3375 RMB |
| de 60001 à 80000 | 35% | 6375 RMB |
| de 80001 à 100000 | 40% | 10375 RMB |
| supérieur à 100000 | 45% | 15375 RMB |
Source : guide RH CCIFC 2009
Dernière mise à jour : 09/08/2010
State Administration of Taxation
5 Yangfangdian Xilu
Haidian District
Beijing 100038
Internet : http://www.chinatax.gov.cn


