Economie
Présentation générale
L'Australie est la 13ème puissance économique du monde. Elle affiche, pour la 18ème année consécutive, une croissance économique de 3,5 % par an en moyenne, soit la plus forte de tous les pays de l'OCDE, et connaît un taux de chômage à son plus bas niveau depuis trente ans (4,2 % fin 2007). Les comptes budgétaires sont excédentaires depuis 7 ans (13 milliards d'euros prévus pour 2008-2009, soit 1,8% du PIB) et la dette publique a été effacée. La balance commerciale reste cependant déficitaire car le pays, qui exporte des matières premières minérales, énergétiques et agricoles, importe des produits finis.
L'Australie est l'un des pays de l'OCDE les plus ouverts aux investissements directs étrangers. Certains secteurs, comme l'industrie minière et pétrolière et l'industrie automobile, sont largement dominés par les investissements étrangers. Souvent citée comme référence en matière de politique économique, l'Australie connaît une euphorie boursière et immobilière, avec la volonté du gouvernement de conforter la position du pays comme 2ème centre financier de la région Asie-Pacifique. Plus de 900 multinationales ont établi leur siège régional ou un centre opérationnel régional en Australie, résultat le plus élevé de toute la zone Asie-Pacifique. La réputation de l'Australie est telle qu'elle peut se permettre de libeller ses titres dans sa propre monnaie, ce qui annule les risques de change. Cette performance tient notamment au développement des économies asiatiques voisines, ainsi qu'à l'envolée du prix des matières premières.
Agriculture
Ce secteur contribue pour 3 % au PNB du pays.
L'Australie est un vaste pays agricole et l'un des premiers exportateurs mondiaux de laine, de viande, de blé et de coton. L'industrie agroalimentaire est la première industrie du pays et emploie 20 % de la main d'oeuvre.
Leader du groupe de Cairns - groupe créé en 1986 réunissant une vingtaine de pays, la plupart en développement, exportateurs de produits agroalimentaires - à l'OMC avec 70 % de sa production à l'exportation, l'Australie compte revoir sa politique agricole. Kevin Rudd vient de lancer la réforme du monopole d'Etat sur les exportations de céréales. Il s'agit de l'un des points de friction entre l'Union européenne et l'Australie dans le cadre des négociations à l'OMC. En effet, depuis plusieurs années, l'Union européenne réclame, en échange de la suppression de ses restitutions à l'exportation d'ici à 2013, la fin des entreprises d'Etat détenant des monopoles d'exportation, de certaines formes d'aide alimentaire et des crédits à l'exportation pratiqués par l'Australie. La Commission des exportations de céréales d'Australie (EWC) ne détiendra plus de monopole.
La dette rurale du pays a doublé en six ans, pour dépasser les 50 milliards de dollars australiens. Si seulement 3 % de la population active travaille désormais dans l'agriculture, celle-ci compte en revanche pour plus de 20 % des exportations.
La Tasmanie est l'un des plus gros fournisseurs au monde de produits autorisés à base d'opium : 80 tonnes de morphine (extrait de pavot) sont produites chaque année en Tasmanie, soit 40 % de la production mondiale légale de drogue. Le gouvernement maintient des contrôles stricts sur les zones de culture du pavot.
La production vinicole (Barossa Valley en Australie Méridionale et Hunter Valley en Nouvelle-Galles du Sud) est en progression constante et les vins australiens ont su conquérir le marché international.
Sécheresse et agriculture
Les agriculteurs d'Australie sont constamment confrontés à des problèmes de sécheresse. Ceux-ci affectent surtout la production de riz et de coton. La production de blé s'est effondrée de 58 % par rapport à 2006, celle d'orge de 56 % et celle de riz de 84 %. Persistante depuis sept ans dans les régions du Sud-Est australien (2007 a été l'année la plus chaude depuis un siècle), la sécheresse actuelle pourrait devenir permanente, menaçant l'Australie d'une récession rurale. Deux tiers des terres arables d'Australie sont actuellement classées en zone de sécheresse et près de 23 000 familles, soit un cinquième des exploitations australiennes, subsistent grâce aux aides financières de l'Etat. Depuis 2001, le fonds anti-sécheresse d'aide aux agriculteurs a absorbé près de 2 milliards d'euros. Pour la première fois, le gouvernement a débloqué une enveloppe de 20 millions d'euros pour soutenir psychologiquement les fermiers en difficulté et prévenir les vagues de suicide. Face au changement climatique et à la sécheresse, le pays envisage de recourir plus massivement aux OGM.
Pour en savoir plus
- Ministère fédéral de l'Agriculture, de la Pêche et des Forêts : www.daff.gov.au/
Industries, énergie et matières premières
Ce secteur contribue pour 26 % du PNB du pays.
L'industrie manufacturière australienne, freinée par l'étroitesse de son marché intérieur et victime des richesses naturelles du pays - qui l'ont conduit à privilégier agriculture et extraction minière -, a longtemps bénéficié d'une politique protectionniste qui, de ce fait, a empêché le secteur de devenir concurrentiel. Depuis les années 1970, l'Australie a ouvert progressivement son économie à la concurrence internationale et de nombreuses restructurations et privatisations ont permis une modernisation de son industrie. Une bonne part de son industrie manufacturière est détenue par des entreprises étrangères et/ou lié à des capitaux étrangers. Les constructions automobile, navale et aéronautique, la métallurgie et le textile sont les principaux secteurs d'activité industrielle.
Les ressources naturelles, notamment minières, sont exceptionnelles. La production minière représente les 2/3 des exportations bien que le secteur des minerais et de l'énergie n'emploie que 75 000 personnes. L'Australie multiplie les records : premières réserves mondiales d'uranium, premier producteur mondial de bauxite, premier exportateur mondial de charbon et de fer, troisième producteur d'or, de nickel, de plomb et de zinc. Avec la hausse des prix des minéraux et la demande des pays asiatiques - Japon, Chine et Corée du Sud en tête -, les exportations de ressources minérales ont ainsi rapporté 106,5 milliards de dollars de bénéfices en 2006, 17 % de plus qu'en 2005, selon le Bureau australien de l'agriculture et des ressources économiques (ABARE). Le pays extrait aussi des diamants (premier producteur de diamants au monde en volume et sixième quant à la valeur) et fournit plus de 90 % des opales produites mondialement. Cependant le pays dispose de faibles stocks de pétrole et n'est plus auto-suffisant qu'à 60%. La décision de l'ONU en mars 2008 d'étendre les frontières de l'Australie au Sud, à l'Ouest et à l'Est, y compris sur la zone proche de l'Antarctique, pourrait représenter de nouvelles perspectives dans l'exploitation des richesses en matière de réserves de pétrole et de gaz sous-marins, soit sur 2,5 millions de km2 de fonds marins, une superficie grande comme cinq fois la France.
Alors que l'Australie dispose de 40% des réserves mondiales d'uranium (Nord du pays, Darwin), le pays n'a que trois mines en production en raison du rejet politique suscité par l'uranium (positions antinucléaires des gouvernements travaillistes successifs). Deuxième producteur mondial d'uranium derrière le Canada et devant la Namibie, l'Australie prend conscience qu'elle peut tirer un profit substantiel de la construction dans le monde de 250 centrales nucléaires supplémentaires qui vont s'ajouter aux 440 déjà existantes. L'Australie exporte son minerai vers plus d'une trentaine de pays. Premier exportateur mondial de charbon (Queensland, Etat du nord-est de l'Australie), l'Australie est l'un des pays les plus polluants par habitant. Les réserves en charbon fournissent environ 75 % de l'électricité du pays. En 2007, le cours a augmenté de 73% et devrait continuer en 2008 et 2009.
Parmi les grandes sociétés minières implantées en Australie, on peut citer BHP Billiton, né de la fusion entre l'anglo-sud-africain Billiton et l'australien BHP, deuxième groupe minier mondial, l'anglais Rio Tinto, ainsi que les australiens WMC, MIM, Normandy et Sons of Gwalia.
Pour en savoir plus
- Institut de l'énergie d'Australie (Australian Institute of Energy) : www.aie.org.au/
- Conseil des minerais d'Australie (Minerals Council of Australia) : www.minerals.org.au/
Services
Les services contribuent pour 71 % du PNB du pays.
L'économie australienne est dominée par le secteur des services. L'industrie du tourisme, en particulier, a connu une belle croissance au cours des dernières années. Le secteur cinématographique et audiovisuel est également très dynamique, de même que le système financier (services bancaires par Internet très développés) et la vente de détail (développement de nombreux et grands centres commerciaux).
Commerce extérieur
En 2007, les pays asiatiques représentaient 54,5 % des importations de marchandises. Parmi eux, la Chine s'impose comme le premier partenaire commercial de l'Australie, sa part de marché passant à 15,5 % en 2007, contre 5,7 % en 1997. Les exportations australiennes sont constituées pour 40% de minerais. La demande chinoise en matières premières, en particulier en charbon et en fer, explique un tiers de la croissance de l'économie australienne. Pour le premier budget 2008-2009 du gouvernement Rudd, les domaines prioritaires sont la lutte contre l'inflation (environ 4% en 2008), l'amélioration de la sécurité et de l'assistance sociales, le développement des infrastructures de transports, de santé et d'éducation.
Principaux pays fournisseurs de l'Australie
- Union européenne (Allemagne et Royaume-Uni en tête) : 22 %
- Chine : 15,5 %
- Etats-Unis : 12,6 %
- Japon : 9,6 %
- Singapour : 5,6 %
- Thaïlande : 4,2 %
- Malaisie : 3,9 %
- Nouvelle-Zélande : 3,3 %
Principaux pays clients de l'Australie
- Japon : 19 % des exportations de l'Australie
- Chine : 14 %
- Union européenne : 11,4 %
- Corée : 8 %
- Etats-Unis : 6 %
- Nouvelle-Zélande : 5,6 %
- Inde : 5,5 %
- Taïwan : 3,5 %
Pour en savoir plus
- Service économique français en Australie : www.dgtpe.fr/se/australie/
Dernière mise à jour : 13/11/2008.


