Economie
Présentation générale
Après la crise dévastatrice de 2002 (chute du PIB de 10,9 % en 2002), l’Argentine a connu une croissance rapide et stable (8,5 % en moyenne de 2003 à 2008) grâce à l’augmentation considérable des prix des matières première agricoles, qui représentent 55 % des exportations argentines et grâce à une politique d’accroissement des dépenses publiques pour soutenir la demande interne.
La croissance s’est accompagnée, à partir de 2007, d’une forte poussée de l’inflation, officiellement estimée à 8,5 % en 2007 et 7,7 % en 2009 mais qui aurait atteint 25 %, selon certains experts indépendants. La politique sociale mise en place par les Kirchner est en grande partie responsable de cette inflation.
La situation économique argentine s’est améliorée au cours des dernières années. Le pays connaît un solde positif de sa balance commercial (16,9 Md $ en 2009 soit 5,5 % du PIB) et de la balance des paiements (3,7 % du PIB). Hors année 2009, l’excédent budgétaire a représenté 1,5 % du PIB en moyenne sur la période 2004-2009. Le ratio dette-PIB a continué à baisser grâce à la croissance du PIB (48 % en 2009) et à une quasi-stabilisation de la dette en valeur absolue. Enfin, la Banque Centrale a connu une augmentation importante de ses réserves, passées de 20 Md $ en 2004 à 48 Md $ en 2009.
L’économie argentine a été affectée par la crise financière internationale de l’automne 2008. Elle a connu une nette contraction du PIB en 2009, sous le double effet d’une baisse importante de la demande interne et d’une réduction sensible de la demande externe. Cette contraction du PIB s’est accompagnée d’une réduction de l’excédent de balance des paiements courants (autour de l’équilibre) et des finances publiques (déficit de l’ordre de 2 % par rapport au PIB). En matière de politique monétaire, la Banque Centrale intervient régulièrement pour maintenir la valeur du change du peso.
L’Argentine s’est placée (et demeure toujours) en marge de la communauté financière internationale depuis la crise de 2002. Toutefois, les autorités ont engagé au début de l’année 2010 des négociations avec les créanciers privés, visant à apporter une solution négociée aux « hold-out », sous la forme d’un rachat de leur dette, en contrepartie d’une décote de 65 %.
Agriculture
L'agriculture est le secteur phare du pays tant ce dernier possède un formidable potentiel agricole d'exportation. L'Argentine dispose d'une surface agricole utile importante (160 M ha, contre 25,2 M ha en France) et profite de conditions climatiques variées qui autorisent une large gamme de productions.
L'élevage bovin, qui a fait la réputation de l'Argentine, occupe une place non négligeable, (7ème rang des pays exportateurs de viande) mais ne constitue plus la principale ressource agricole. L'essentiel de la production fournie par la région très fertile de la Pampa est le blé, le maïs, le tournesol et surtout le soja transgénique. En effet, aujourd'hui, la quasi-totalité de la production argentine de soja appartient à cette variété, 50% des terres cultivées étant occupées par le soja. Ainsi en quelques années, l'agriculture argentine a complètement changé de visage et le soja est devenu la première culture du pays. L'Argentine est désormais le 3ème pays producteur de soja au monde derrière le Brésil et les Etats-Unis et le 1er exportateur au monde. Le soja occupe des sols jadis destinés à l'élevage de bovins, réduisant ainsi les petites et moyennes exploitations, empêchant la variété des cultures, entraînant un épuisement massif des éléments nutritifs du sol et la déforestation.
Les zones irriguées à l'ouest du pays sont des régions productrices de fruits, légumes, canne à sucre, coton et vin.
Mines et industries
L'Argentine possède également des ressources minérales considérables. Le sous-sol recèle des gisements d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de fer, d'uranium, de manganèse, de potasse et d'importantes réserves de pétrole et de gaz. Le pays a toutefois besoin de diversifier ses sources énergétiques primaires dépendantes à plus de 90% du pétrole et du gaz.
L'industrie agroalimentaire est la plus ancienne et la plus importante du pays. L'industrie textile, l'industrie automobile et le secteur de la chimie tiennent également une place non négligeable.
Services
Les services occupent 60% de la population active
Les privatisations et l'afflux de capitaux étrangers ont remis à niveau des services déficients (eau, électricité, télécommunications). Mais les investissements en infrastructures sont insuffisants.
Le tourisme est devenu la 4ème source de devises du pays derrière le soja, le pétrole et les produits agroalimentaires et représente plus de 7% du PIB et 1 million d'emplois, contribuant au développement des compagnies aériennes locales et d'une hôtellerie haut de gamme.
Entreprises françaises en Argentine et relations commerciales franco-argentines
En 2008, l'Argentine était le 53ème client de la France et son 59ème fournisseur. Si les échanges bilatéraux continuent à augmenter, elle reste pour la France un partenaire commercial d'importance limitée. L'Argentine est le 4ème partenaire commercial de la France en Amérique latine et représente 8,6% de son courant d'échanges avec la zone, derrière le Brésil (35,8%), le Mexique (14,3%) et le Chili (11,3%).
La France est le 2ème fournisseur européen de l'Argentine derrière l'Allemgane (4,4%). En 2008, la France a été le 7ème fournisseur de l'Argentine derrière le Brésil, la Chine et les Etats-Unis.
En 2008, nos exportations se concentrent surtout sur les produits du secteur automobile (31%), les biens intermédiaires (26%) et les biens d'équipement professionnels (21,5%). Les importations françaises en provenance de l'Argentine sont essentiellement tournées vers les produits agroalimentaires.
Source : L'essentiel d'un marché Argentine 2010-2011 / Ubifrance
Le Mercosur
L'Argentine est membre du Mercosur
Le Marché commun du sud ou Mercosur est la communauté économique des pays de l'Amérique du sud et représente pour cette région ce qu'est l'ALENA pour l'Amérique du Nord. Le Mercosur est un projet intégrationniste qui s'est développé à partir du milieu des années 80. Il a connu sa première configuration institutionnelle avec le traité d'Asunción signé le 26 mars 1991. Le Mercosur est le troisième marché intégré au monde après l'Union européenne et l'ALENA. Ses autres membres sont le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay. Le Chili, la Bolivie, le Pérou et, plus récemment, le Venezuela sont des Etats associés au Mercosur.
Principaux indices
- P.I.B. (en milliards de USD) : 356
- P.I.B. / habitant en USD : 8 900
- Croissance annuelle (%) : + 0,9
- Taux d'inflation (%) : 7,7 %
- Taux de chômage (%) : 8,7 %
- Principaux fournisseurs : Amérique latine (41,8%) dont Mercosur (35%), Union européenne (20,1%), ALENA (17,9%), Etats-Unis (14,3%), Chine (8,7%)
- Principaux clients : Amérique latine (39,7%) dont Mercosur (23,2%), Union européenne (18,5%), ALENA (11,7%), ASEAN (3,8%)
Part des principaux secteurs d'activités dans le PIB
- agriculture : 8,4 %
- industrie et mines : 35,6 %
- services : 56 %
(Chiffres 2008-2009)
Pour en savoir plus
- Agence de développement et d'investissement
- Service économique français en Argentine
- INDEC (Institut national des statistiques de la République Argentine)
- Banque mondiale
- Fonds monétaire international
- Organisation mondiale du commerce
Dernière mise à jour : 05/2012


